Insomnie

J’écoute les bruits de la nuit
Il y a longtemps que les crapauds
Et les grenouilles se sont tus.
J’entends la plainte lancinante
D’un oiseau de nuit qui égrène
Les secondes de mon insomnie

Hier sur cette plage je t’ai tant cherché
Puis, je t’ai attendu mais en vain
Jusqu’à l’heure où les ombres
Envahissent doucement l’endroit
Me rappelant le tableau charmant
D’un moment de froid dû au soleil qui s’en va.

Quel mal étrange a envahi mon âme ?
De l’amour j’en ai tous les symptômes.
Et je maudis l’instant où je n’ai pas pu
T’aborder et me conduire en homme.
Pourtant, de ma vie, tu étais la femme.
Je ne le savais pas mais mon cœur, lui, l’a su.

Et lentement le temps s’enfuit.
Bientôt le gazouillis des oiseaux
Viendra dire à l’aurore : « Salut ! »
J’attends ce moment avec l’impatiente
Fougue de ma jeunesse qui m’entraîne
À ne plus rien savoir hormis ce qui me lie.

Aujourd’hui encore j’irai marcher
Le long de cette plage et prendrai le bain,
Jusqu’au moment où tout sombre.
Quand mon âme et mon cœur tremblent à l’effroi,
Dans la lumière d’un soleil déclinant,
De ne pas t’aimer si tu n’es pas là.

23/06/2003