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poèmes
de yves le guern
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abstraction
de
l’émeraude au saphir au
rubis couleur prune les
flammes rouges orange ont
laissé l’infortune léger
comme un zéphyr que
le soleil dérange
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consolation
dans
les bras retenus on
se tient on se serre des
moments détenus où
les liens se resserrent
sur
mon sein ta tête écoute
le bonheur il
est des jours de fête où
cesse le malheur
les
flammes pourtant brûlent dans
mon dos la douleur ton
aura les bouscule ainsi
je n’ai plus peur
ô
aime-moi toujours dans
tes bras offre-moi
l’abri
jour après jour la
force de ta foi
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couple
deux
ils sont deux à danser nus sur
la scène qui les oublie un
élan il la porte aux nues elle
se laisse faire anoblie
leurs
corps se mêlent si intimes que
leurs souffles pendant un temps se
suspendent et se raniment
suivant
la musique à trois temps
la
danse crée l’arabesque les
ombres sombrent autour d’eux et
tracent comme une fresque qui
vont effacer l’entre-deux
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la
femme au miroir
face
au miroir la femme nue contemple
son intimité de
son dos l’espoir d’inconnu m’attire
comme illimité
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flamme
là
dans le feu les flammes dansent flammes
bleues et flammes en transe elles
honorent leur dieu brûlant de
leur musique et de leur chant
une
flamme a levé les bras vers
le ciel en invocation les
autres ont baissé les bras le
ciel n’est pas leur vocation
les
lianes vertes de la terre se
sont jointes à l’incendie en
pure perte le mystère reste
entier il resplendit
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fond
voilà
de la mer océane si
bleue orange dans le fond des
algues fouet d’horizon pleurant
en terre musulmane
la
femme s’est voilée la face et
son regard est éloquent pourquoi
faut-il qu’elle s’efface au
regard des hommes choquant
la
mer se moque de ce drame si
bleue orange dans le fond les
algues fouet d’horizon s’élèveront
contre la trame
la
femme est comme ce vase contenant
l’éveil dans son sein mais
un jour la mer envase l’humanité
dans son dessein
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laputa
dans
le ciel vole une île bleue les
rêves ne sont jamais loin au
pêcheur des marines lieues qui
s’offre à être le témoin
laputa
vole en silence dans
le ciel de mon enfance je
n’ai pas oublié les voix qui
m’avaient charmé autrefois
ces
êtres étranges étaient de
mon passé les reliques ils
ont transformé mes étés en
voyages idylliques
laputa
vole en silence dans
le ciel de mon enfance continuez
longtemps mes voix à
me parler comme autrefois
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relief
sur
le plat des images en relief relèvent
les reliefs d’un repas un
soleil jaune vert s’est attardé dans
mon assiette qui s’abandonne
à
l’heure où je me mets à faire le kief tandis
qu’au vent nonchalant tu crêpas tes
cheveux jaunes vert que tu as fardé à
l’amour sans condition je m’adonne
de
l’absence je n’ai plus de grief je
continuerai jusqu’à mon trépas à
faire du temps un air retardé jusqu’à
ce que enfin l’on me pardonne
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