"La guerre c’est l’abattoir"
Me disait un vieux poilu
De cent neuf ans, survivant
Agé de la grande guerre.
Avait fermé sa mémoire
Aux souvenirs disparus
Aux cauchemars de ce temps
Enfouis par lui naguère.
Ils étaient partis
La fleur au fusil
Deux mil morts par jour
Tués sans amour
Tirailleurs sénégalais
Tous noirs, mais tous bien français
Ne fait pas de différence
Quand on est mort pour la France
Des quelques blancs dans le jais
Quand le rouge dominait
Ce fut la même souffrance
Quand on est mort pour la France
Au chemin des dames
Combien de drames
Pour ces soldats d’un jour
Tombés sans amour
Ils peuplent les monuments
Et le soldat inconnu
Garde le secret espoir
Que se soit la der des der
Elle devait durer quatre ans
Pour avoir un temps connu
Les tranchées, le désespoir
Les immenses cimetières
Il était parti
Dans l’artillerie
Et c’est bien pour ça
Qu’il est encor là.
11 novembre 2006