Je connais cet endroit

Je connais cet endroit où respire le bonheur
Le temps s’y est arrêté, comme pour se reposer
A l’ombre du cerisier qui est encore en fleur
Un grand feu de joie a été disposé.

Dans ses cendres encore chaudes, les patates
Et les grives mijotent, tandis que les garçons
Devenus chefs indiens pour l’occasion
Noircissent leur visage de charbon, en hate.

Ils grimpent la colline dans des rires joyeux
Regardent la montagne dans le blanc des yeux
Puis reviennent en courant, les poches pleines
De grenouilles et de trésors capturés dans la plaine.

Dans le ciel, le vieux noyer a planté sa cime
Et les étoiles pointent leur nez, curieuses
De voir à qui appartiennent ces rires

Il est temps d’oublier le feu qui s’anime
Les grives donnent des mines sérieuses
Aux garçons. Une page d’amour va s’écrire

10/05/2006 5 h 05