L’or de ses yeux

à Sylvie

« Et l’or de ses yeux
Est pour moi
Un trésor merveilleux
Digne d’un roi »

Pauvre vagabond des ténèbres, j’erre
Sans espoir et sans fin, le long d’obscurs
Couloirs creusés au sein de la terre,
Par d’autres vagabonds aux yeux si durs.

Mais deux éclairs dorés soudain ont luit,
Trouant de leur flamme, l’éternelle nuit,
Où mes yeux si longtemps, furent plongés
Par d’autres vagabonds aux yeux désarmés.

Comme deux soleils, ils m’ont amené
À la lumière de la liberté.
Et mes yeux, pour la première fois
S’ouvrirent à la vie et à la joie.

Mais pauvre vagabond de lumière, j’erre
Sans espoir et sans fin le long des murs
Transparents de ma cage de verre,
Prisonnier de l’or de tes yeux si purs.

22 mars 1987