Il fait froid dans mon coeur

à Sylvie

Ténèbres obscures, souffrances infinies
Engloutissez en votre sein mort et sans vie,
Un pauvre poète amoureux, au coeur détruit
Déchiré par ce non redoutable qui a fuit
De ces douces lèvres que j’aimais tellement
Et qui le condamnèrent éternellement.

Des larmes amères envahirent mes joues,
Comme le flot de ce torrent tumultueux
Rompant les faibles barrières de mes yeux
Noie mes espoirs sous ses vagues et ses remous.

Et mes larmes s’envolent doucement
Comme autant de pourquoi irrésolus
Qui se perdent dans les airs dissolus
Et me laissent seul, face à ce tourment.

Les mots eux-mêmes se refusent à ma plume
Et leur musique consolatrice s’est tue
Ma muse s’est trop meurtrie dans cette brume
Aux écueils de l’amour en furie qui se rue
Pour tenter de chavirer en amertume
Mon espoir qui se perd parmi les nues.

Il fait froid dans mon coeur
Et la nuit étoilée
Malgré sa majesté
Me glace et me fait peur.

J’irai planter, dans la terre mouillée
De mes pleurs, une fragile pensée,
Qui fleurira peut-être un mois d’été
Sur les débris de mon coeur oublié.

Décembre 1988